Search
My feed
Yumari- festival-Villefagnan

Yumari! La Fête de l’Hospitalité comme un rituel propitiatoire

This article is available in English and Spanish.

Le 30 mai, Gigacircus a présenté à Villefagnan la « Fête de l’Hospitalité » pour clore de façon significative l’accueil en France du projet WALC, Walking Arts & Local Communities. Avant le dîner-concert qui se déroulait à la Salle des Fêtes communale, plus de 80 habitants ont suivi la déambulation artistique conçue et mise en scène par Sylvie Marchand, qui nous
confie:

« Rien, dans cette marche, n’est le fruit du hasard : ni le parcours, ni les artistes invités, ni les gestes proposés aux participants. Cette marche est un geste artistique que les anthropologues qualifieraient de « rituel » pour son rôle fédérateur. Elle cherche à impulser un rythme, un mouvement collectif, vers une humanité affranchie du racisme et de l’ostracisme.
Pour la Fête de l’Hospitalité, les habitants de Villefagnan sont rejoints par des personnes venues d’Asie (Tibet, Népal), d’Afrique de l’Est (Somalie, Soudan, Yémen), d’Afrique de l’Ouest (Mauritanie, Guinée, Mali, Bénin), du Moyen-Orient (Palestine, Syrie), mais aussi d’artistes européens;
Depuis plusieurs années, le projet «Hospitalité en Actions » cherche à créer les conditions
d’une rencontre entre nouveaux et anciens habitants, à tisser des liens par-delà les langues, les
cultures et les origines, pour donner corps au « Tout-monde» d’Édouard Glissant.

Le Dispositif


Plutôt que d’enchaîner un programme de marches successives, chacune menée par un artiste individuel, je chorégraphie une marche unique qui rassemble l’ensemble de la communauté pendant deux heures. J’orchestre les interventions de trois artistes invités et les fais dialoguer avec les lieux que j’ai choisis afin de composer une expérience artistique partagée.

Le Choix du Parcours


Je commence toujours par choisir minutieusement le parcours. Une marche n’est jamais neutre : elle écrit déjà un récit. Les lieux traversés deviennent une partition, les habitants des interprètes, et les rencontres des événements imprévisibles mais préparés. J’ai choisi une suite de petits chemins, venelles, passages où j’aménage des rencontres. Au détour d’une rue, Jean Louis nous raconte l’histoire du Canton. Chez Véronique et Jean Carde, les marcheurs trouvent l’ombre bienfaitrice d’une végétation remarquable où les attendent boissons et friandises le temps d’une chanson. Au coin de la rue de la Chapelière, nous entrons chez Jeanne, occupée à peindre un paysage sur son chevalet. Plus loin, nous arrivons chez Lubna, derrière le temple, où nous célébrons la beauté de l’accueil.

Les Artistes

Les battements du tambour, le rythme des grelots et le chant mènent la marche. Les interventions des artistes invités composent une polyphonie de couleurs, de voix et de rythmes. Claudia Urrutia, artiste chilienne, nous offre la force et l’énergie d’une voix capable de transcender les souffrances de l’exil. Nene Cambu, sous son impressionnant masque végétal, clochettes raramuris aux pieds, incarne les racines rituelles de l’art en scandant des rythmes essentiels. Sophie Lopez, peintre-jardinière, transporte dans sa brouette crayons et papiers afin de
recueillir, au fil du parcours, les mots et les émotions des marcheurs. Gustavo Álvarez, artiste mexicain présent à distance via un dispositif de téléphonie mobile, nous relie au Mexique. Portée par les ondes, sa voix évoque la culture tarahumara et le rituel du Yumari, cérémonie de renouvellement du monde que je chéris comme un repère constant dans ma création.

À chaque halte, Claudia interprète un chant en écho à la réalité du lieu traversé : la vitalité du
cycle de la vie, la beauté de la rencontre ou encore la célébration de la liberté. La déambulation se clôt là où elle a commencé : autour d’un globe, une sphère d’acier récupérée dans une ferme voisine, dont notre artisan de génie, Jacky Legros, a complété la rondeur. Au terme du voyage, les marcheurs y suspendent leurs mots et leurs dessins avant d’entrer dans la danse. Autour de ce monde réinventé, chacun célèbre à sa manière la possibilité d’un avenir commun.»

APA style reference

Marchand, S. (2026). Yumari! La Fête de l’Hospitalité comme un rituel propitiatoire. walk · listen · create. https://walklistencreate.org/2026/06/25/yumari-la-fete-de-lhospitalite-comme-un-rituel-propitiatoire/

Walking Arts & Local Communities (WALC) is an artistic cooperation project, co-funded by the European Union, Creative Europe, starting in January 2024 for four years. With seven partners from five countries, WALC establishes an International Center for Artistic Research and Practice of Walking Arts, in Prespa, Greece, at the border with Albania and North Macedonia, backed up by an online counterpart in the format of a digital platform for walking arts.

WALC builds on the previous work of hundreds of artists and researchers already practicing Walking Arts as a collaborative medium, and having met at the significant previous walking arts events and encounters in Greece, Portugal, Spain, France, Belgium, and during online activities at walk · listen · create.

We acknowledge the support of the EU Creative Europe Cooperation grant program in the framework of the European project WALC (Walking Arts and Local Community).

Funded by the European Union. Views and opinions expressed are however those of the author(s) only and do not necessarily reflect those of the European Union or the European Education and Culture Executive Agency (EACEA). Neither the European Union nor EACEA can be held responsible for them.

16240 Villefagnan, France

immigration

Collection · 19 items
Sub-collection

ritual

Sub-collection · 22 items

Regions

France

Country · 30 sub-regions · 162 items

Palestine

Country · 1 sub-regions · 17 items

Villefagnan

City · 5 items
Copyright: Sandra Waeckel
Copyright: Sandra Waeckel

GPS, geo-poetic system

Geo-poetic system was a term coined by Lucy Frears during locative media art research (published 2017). The basis of geopoetics, a theory and practice developed by Scottish philosopher and poet Kenneth White, is to connect humans to the lines of the earth (White cited in McManus 2007: 183), or ‘what’s out there’ (Ingold 1993; 154; White 2005: 200; White 2006: 9). The contact White describes is often between the human mind and the earth, what he calls ‘landscape-mindscape’ (Legendre 2011: 121). Because of the embodied nature of locative media experiences using a smartphone in landscape for these walking art experiences using gps technologies Frears expanded this notion to being ‘landscape-mindscape-bodyscape’ (2017).

Added by Lucy Frears
Problem?

Encountered a problem? Report it to let us know.

  • Include the page on which you encountered the problem.
  • Describe what happened.
  • Describe what you expected to happen.
Follow us